« Il y a très peu d’entreprises artisanales au Bénin. Les artisans n’ont en général que de petites unités de service ou de production, mais le potentiel est là, les opportunités aussi », a affirmé Faustin Djagba, directeur exécutif de l’ONG MJCD. Tel est le constat qui a motivé la mise en place du projet REA. Alors, pour changer cet état de fait, la solution idéale est de donner une impulsion aux artisans pour révéler leur esprit entrepreneurial et le projet REA s’inscrit dans cette dynamique. Il vise à susciter et à accompagner l’émergence d’une nouvelle génération d’artisans entrepreneurs. Il prend majoritairement en compte les jeunes et les femmes qui constituent la « frange sociale majoritaire », explique Faustin Djagba.
La formation qu’inclut ce projet est élaborée sous le format 4-4-3, les bénéficiaires sont invités pour trois jours de formation. Après la formation, un suivi individuel est fait pendant un mois. A la suite de cela, ils sont invités à suivre un nouveau module de trois jours et ce processus se répète sur une durée totale de cinq mois, a expliqué Eméric Coffi Sègla Amoussou, coach formateur au sein du projet REA. Les participants bénéficieront également d’un suivi pour l’atteinte des objectifs.
Pour Faustin Djagba, les attentes sont énormes : « Nous souhaitons une métamorphose de ces bénéficiaires. Quand on suit ce parcours, on devient complètement une autre version de sa personne, et c’est ce que nous attendons d’eux. On voudrait quand même que 100% des bénéficiaires puissent opérer à leur propre niveau ce changement qualitatif, et qu’en leur sein, d’ici quelques mois ou années, qu’on puisse identifier de grands entrepreneurs, et l’histoire retiendra donc que c’est parti de ce projet. » Il faut ajouter à cela : la transformation de leurs unités en entreprise, la mise en place d’un réseau d’artisans entrepreneurs-formateurs, « car ils sont appelés à transmettre leurs savoirs à leurs divers apprentis », explique Eméric Coffi Sègla Amoussou. Il espère également une dynamique de solidarité entre artisans en faveur de l’essor de l’entrepreneuriat artisanal.
Les bénéficiaires ont exprimé leur satisfaction suite aux premiers moments de la formation. C’est le cas de Euphrem Akognon, maître ébéniste et bénéficiaire du programme. Pour lui, la confiance en soi, l’estime de soi, la détermination, la prise de risque et les aptitudes en marketing sont les compétences de base à tout bon entrepreneur. Et ce sont des notions qu’il a acquises au cours de la formation. Avec cette base notionnelle, Naomi Eléna Lokossou styliste modéliste, envisage mener des actions efficaces à travers le lancement de son entreprise avec le minimum qu’elle possède. Des initiatives qui s’annoncent prometteuses.
Il convient de souligner que le projet reçoit le soutien technique du Réseau national de la société civile pour la promotion de l’entrepreneuriat et de l’emploi des jeunes, suivi de l’assistance technique de l’institut Phénix couronné du soutien financier du Fonds de développement de l’artisanat.
