A l’entame, le président de l’ABDCo, Eric Houessou, a souligné que la confiance des consommateurs repose sur la transparence, la qualité et la sécurité des produits qu’ils achètent. « Ces produits ne représentent pas seulement un danger économique ; ils mettent en péril la santé, la sécurité et parfois même la vie des consommateurs », a-t-il averti. Dans un contexte mondialisé, où le commerce numérique prend de plus en plus d’ampleur, Eric Houessou a déploré la circulation de produits contrefaits, dangereux ou de mauvaise qualité, soulignant que 87 % des produits rappelés ou interdits peuvent encore être accessibles en ligne, et que près de la moitié des États n’ont pas de régulations suffisantes pour protéger les consommateurs.
Face à cette réalité inquiétante, l’ABDCo appelle à une mobilisation collective. Le président a insisté sur le rôle crucial des consommateurs, des entreprises, des autorités publiques et des associations dans la vigilance active. Il a encouragé chacun à s’informer, à vérifier les produits qu’ils consomment, et à signaler toute irrégularité pour aider à purifier le marché.
Un point central des discussions a été la question de la fraude, qualifiée de « crime caché ». Selon Eric Houessou, les techniques utilisées par les fraudeurs sont de plus en plus sophistiquées, notamment grâce à l’intelligence artificielle. De faux produits, faux avis et sites frauduleux sont courants, et seulement 5 à 10 % des cas de fraude sont effectivement signalés. « La fraude est invisible mais omniprésente », a-t-il déploré, appelant à une vigilance accrue de la part de tous les acteurs impliqués.
Sécurité des produits : un enjeu pour le développement durable
La conférence s’est poursuivie avec une intervention du professeur Sylvain Dabadé de la Faculté des Sciences Agronomiques (FSA), qui a abordé la thématique « La sécurité des produits : fondement de la confiance du consommateur et du développement durable ». Ce fut l’occasion de discuter du rôle déterminant de la qualité des produits pour garantir un marché plus fiable et transparent.
Trois panels thématiques ont ensuite approfondi des questions concrètes. Le premier a porté sur l’étiquetage des produits alimentaires, en expliquant la différence entre Date Limite de Consommation (DLC) et Date Limite d’Utilisation Optimale (DLUO). Le deuxième a traité des obligations légales des acteurs du marché et des sanctions prévues en cas de non-respect des normes. Enfin, le troisième panel a mis en lumière les risques sanitaires liés à l’utilisation excessive des pesticides, insistant sur la nécessité de renforcer les mécanismes de contrôle.
La conférence a été marquée par la présence du représentant du Représentant Résident de la CEDEAO, Horacio Nani, qui a salué l’initiative et encouragé l’ABDCo à poursuivre ses actions pour renforcer la protection des consommateurs béninois. Cette rencontre a réaffirmé l’engagement de l’ABDCo pour la création d’un marché plus sûr, plus transparent et plus équitable au Bénin, où la vigilance collective joue un rôle clé dans la protection de la santé publique et le renforcement de la confiance des consommateurs.
