« Les personnes d’abord » ou, en anglais, « People First » : c’est autour de ce thème qu’a été célébrée l’édition 2026 de la Journée internationale « Zéro Discrimination ». Instituée par ONUSIDA, cette journée constitue un cadre privilégié de plaidoyer et de mobilisation en faveur du respect des droits humains, de l’équité en santé et de la lutte contre toutes les formes de stigmatisation et de discrimination liées au VIH. La célébration de cette journée par le Centre National de Lutte contre le VIH/Sida, la Tuberculose, le Paludisme, les Hépatites, les Infections sexuellement transmissibles et les épidémies (CNLS-TP) au Bénin, vise à promouvoir un environnement respectueux des droits humains et exempt de stigmatisation et de discrimination, notamment envers les personnes vivant avec et affectées par le VIH.
Vu sous cet angle, « Zéro discrimination n’est pas seulement un idéal, c’est une exigence morale, une responsabilité sociale et un impératif de gouvernance. En effet, aucune société ne peut durablement se développer en laissant s’installer l’exclusion, le rejet ou la stigmatisation. De même, aucune politique de santé ne peut atteindre ses objectifs, si certains citoyens par peur des regards des autres renoncent à leurs droits les plus essentiels », a affirmé Alain Orounla, préfet du Littoral.
A travers le thème de la journée, le système des Nations unies au Bénin voudrait donc « alerter l’opinion publique sur le fait que la discrimination et la stigmatisation liées au VIH mettent en péril des vies humaines », a expliqué Dr Konan Kouame Jean, représentant résident de l’Organisation Mondiale de la Santé (OMS). Selon lui, 85% des personnes vivants avec le VIH subissent une auto-stigmatisation, modifient leurs comportements et cachent leurs séropositivités ou en interrompant leurs traitements par crainte du jugement. Et même en milieu sanitaire, ce comportement n’est pas exclu. Cet état de fait, en dépit des médicaments distribués, nourrit la peur de se faire dépister, de révéler son statut, et amplifie la propagation du virus, explique Ouinsou Enoch, représentant du Réseau Béninois des Associations des Personnes vivants avec le VIH/SIDA.
Pour une société inclusive…
Les inégalités persistantes, la stigmatisation et les violations des droits humains continuent donc de compromettre les efforts engagés pour mettre fin au sida en tant que menace pour la santé publique à l’horizon 2030. S’adressant aux professionnels de la santé, Kamal-Deen Bankolé, représentant de la plateforme des populations clés (PPCAS) lance un appel : « soignez sans juger, accueillez sans discriminer ».
Prenant la parole à la même occasion, Benjamin Hounkpatin, ministre de la santé a fait comprendre que « le combat contre le VIH sida ne saurait être gagné si les personnes vivant avec le VIH et les populations clés continuent de faire face à la stigmatisation, au rejet et à des discriminations institutionnelles, si la peur de l’exclusion empêche une personne de se faire dépister, si la honte freine l’accès aux soins, si la violence réduit au silence. » « Placer les personnes d’abord, c’est lever ces barrières, c’est garantir un accès équitable aux services de prévention, de dépistage et de traitement ainsi que de soutien, c’est créer un environnement où chacun peut chercher des soins en toute confiance et en toute sécurité », a ajouté le ministre.
Au Bénin, la loi 2026-02 du 09 février 2026, portant prévention, prise en charge et élimination de l’infection du VIH en république du Bénin a été promulguée pour la noble cause. Pour Benjamin Hounkpatin, « cette loi constitue une avancée majeure dans le renforcement du cadre juridique de la riposte nationale. » Comme avantage, elle consolide la protection de personnes vivants avec le VIH et renforce les mécanismes de lutte contre les stigmatisations et la discrimination ; et affirme avec plus de clarté le principe de confidentialité et du respect de la dignité humaine.
Le ministre a lancé un appel : il faut « que nous placions vraiment les personnes vivants avec le VIH, les personnes affectées ainsi que les populations clés vulnérables au cœur de nos priorités. Ecoutons leurs besoins, respectons leurs droits, agissons avec solidarité et détermination ». Un appel appelé à perdurer bien au-delà de cette journée.
