Miodjou : Qu’est-ce qui justifie votre présence aujourd’hui à Bohicon ?
Il s’agit d’une visite de suivi, et ce n’est pas la première fois que nous venons à Bohicon. Dans le cadre de la mise en œuvre du Projet intégré pour l’autonomisation de la femme et la lutte contre les violences faites aux femmes et aux filles, financé par le ministère de l’Europe et des Affaires étrangères de la France, ONU Femmes accompagne six pays de la sous-région dans la lutte contre les violences faites aux femmes et aux filles, ainsi que dans l’amélioration de l’autonomisation des femmes.
ONU Femmes ne disposant pas de bureau physique au Bénin, nous travaillons avec une organisation partenaire, la Mutuelle de Jeunes Chrétiens pour le Développement (MJCD), pour mettre en œuvre des activités dont les résultats sont en cohérence avec les objectifs que nous poursuivons. Cette mission nous permet donc de suivre la mise en œuvre des activités, d’apprécier les résultats obtenus et d’identifier les défis afin de voir comment accélérer les actions et atteindre les résultats que nous nous sommes fixés à la fin du projet.
Après trois jours de mission et la rencontre avec les bénéficiaires, quel sentiment vous anime ?
Je voudrais d’abord remercier notre partenaire, la MJCD. Cette visite ne commence pas aujourd’hui. Nous sommes présents depuis trois jours et nous avons eu plusieurs sessions d’échanges sur les activités que nous avions planifiées ensemble et que la MJCD a mises en œuvre. Nous avons examiné les résultats obtenus, les difficultés rencontrées, mais également les moyens pour accélérer les interventions afin d’atteindre les objectifs fixés. Nous avons aussi organisé des sessions de renforcement des capacités à l’endroit du personnel de la MJCD. Pour le dernier jour de cette mission, il était important pour nous d’aller à la rencontre des bénéficiaires.
[…] le maire a annoncé la mise en place d’une maison de la femme.
Nous avons été très bien accueillis par le maire de Bohicon. Nous lui adressons nos sincères remerciements pour cet accueil chaleureux. Son discours nous a également beaucoup rassurés. Bien qu’il soit récemment installé, il a clairement indiqué que l’autonomisation des femmes occupait une place importante dans ses objectifs, tout comme l’alphabétisation des femmes de Bohicon et des environs. C’est un discours qui nous a beaucoup impressionnés et qui montre que nous partageons les mêmes orientations. Et pour couronner le tout, le maire a annoncé la mise en place d’une maison de la femme.
Qu’avez-vous retenu de vos visites auprès des bénéficiaires ?
Nous avons commencé la mission par la maison Sainte-Famille, où nous avons rencontré des enfants victimes de violences. Ils sont au nombre de 54. Ils bénéficient d’une prise en charge au sein de cette structure, notamment à travers l’éducation scolaire, la formation professionnelle et l’éducation à la vie. Nous avons également eu l’honneur de rencontrer le roi Dako Donou, qui accompagne la MJCD et, à travers elle, les actions soutenues par ONU Femmes en faveur du changement des normes sociales.
Nous savons que toutes les normes sociales ne sont pas mauvaises. Certaines sont bénéfiques pour les communautés. Mais il existe également des normes sociales péjoratives, discriminatoires et dégradantes. C’est pourquoi l’engagement des autorités religieuses, traditionnelles et administratives est essentiel. Leur implication peut contribuer à faire progresser l’égalité entre les femmes et les hommes, dans le respect des droits des femmes. Le roi joue un rôle important dans ce domaine. Son implication va donc pleinement dans le sens du travail d’ONU Femmes. Ce fut une grande satisfaction de le rencontrer et nous le remercions également pour son accueil chaleureux.
[…] une grande partie des préoccupations exprimées par les bénéficiaires pourra trouver des réponses.
Nous avons aussi rencontré d’autres bénéficiaires qui ont non seulement reçu une formation professionnelle, mais qui ont été accompagnées par la MJCD pour s’installer à leur propre compte. Certaines sont devenues coiffeuses, d’autres tailleurs ou encore commerçantes. Ce sont des actions très positives que nous saluons. Nous souhaitons que, dans le futur, cette collaboration entre ONU Femmes et la MJCD puisse se poursuivre afin de continuer à accompagner les filles et les femmes, particulièrement les plus vulnérables.
Les bénéficiaires ont formulé plusieurs doléances. Quelles assurances pouvez-vous leur donner ?
En écoutant les bénéficiaires et en regroupant leurs différentes doléances, nous pouvons retenir essentiellement une demande : elles souhaitent que l’appui qui leur est apporté se poursuive, mais aussi qu’il soit plus large et plus complet, et qu’il puisse bénéficier à davantage de filles et de femmes. Nous avons confiance en notre partenaire, qui met en œuvre des initiatives permettant d’accompagner davantage de femmes et dans plusieurs domaines.
Ce que nous pouvons donc dire, c’est que nous souhaitons que la coopération entre la MJCD et ONU Femmes se poursuive et se renforce. Si cette coopération avance dans ce sens, une grande partie des préoccupations exprimées par les bénéficiaires pourra trouver des réponses. Elles ne seront peut-être pas toutes résolues totalement, mais une grande partie pourra l’être.
Quel message souhaitez-vous adresser au personnel de la MJCD ?
C’est une appréciation très positive depuis notre arrivée. Ce n’est pas la première fois que je viens sur le terrain mais ma deuxième visite en trois ans de partenariat. J’ai constaté que nous avons en face de nous une équipe très dynamique, organisée et qui respecte ses engagements.
Elle répond à nos attentes, notamment en ce qui concerne le travail sur le terrain. C’est donc avec beaucoup de satisfaction que nous apprécions cette collaboration avec la MJCD. Je voudrais saluer le travail du Docteur Faustin Djagba, de Madame Berthe Codja et de toute l’équipe. Nous sommes très fiers de cette collaboration entre ONU Femmes et la MJCD.
