Au Kenya, les souvenirs des dernières catastrophes sont encore présents. Entre fin 2023 et le printemps 2024, les inondations avaient provoqué d’importants dégâts et déplacé des dizaines de milliers de personnes. Plus récemment, Nairobi a de nouveau été durement frappée dans la nuit du 6 au 7 mars 2026. Les pluies torrentielles avaient fait une cinquantaine de morts, en plus de lourdes destructions. Pour les autorités kényanes, ces précédents imposent désormais d’agir avant l’arrivée des pluies. Le service météorologique national estime que la probabilité d’un épisode El Niño pourrait atteindre 90 à 96 % d’ici la fin de l’année, contre 80 à 82 % durant la période juin-août.
Face à cette probabilité, le dispositif gouvernemental repose sur sept axes prioritaires : effectuer la cartographie des zones à risque pour faciliter d’éventuelles évacuations, le désengorgement des canaux de drainage dans les grandes villes, notamment à Nairobi, des campagnes de sensibilisation du public, l’inspection des ponts et routes vulnérables, le renforcement des systèmes d’alerte précoce au niveau communautaire, le pré-positionnement de matériel et de fournitures d’urgence dans des sites stratégiques, ainsi que le renforcement des équipes de recherche et de secours.
Les autorités locales doivent également activer leurs comités de gestion des catastrophes et préparer des sites d’accueil disposant de vivres et de médicaments. Les régions du Nord-Est, de la vallée du Rift, de l’ouest, du Nyanza, de la côte, de Turkana et Nairobi figurent parmi les secteurs particulièrement surveillés. Pour le Kenya, il s’agit désormais de transformer les leçons des catastrophes passées en capacité d’anticipation. De mémoire, El Niño est un phénomène climatique naturel qui réchauffe une grande partie des eaux de surface dans le centre et l’est de l’océan Pacifique. Il perturbe la météo dans le monde entier, provoquant des sécheresses ou des inondations et faisant souvent monter les températures globales.
