Accueil Déchets Alternative Bénin : le centre ValDERA transforme des sachets plastiques en pavés

Bénin : le centre ValDERA transforme des sachets plastiques en pavés

Stanislas Hounguè et Aimé Ahouandjinou procédant au tri des déchets

Les mains protégées avec des gants, Stanislas Hounguè et Aimé Ahouandjinou se servent chacun d’une fourche pour éparpiller un amas de déchets. A l’aide de deux paniers, ils séparent distinctement les déchets solides biodégradables des non-biodégradables.

Aimé Ahouandjinou explique : « nous procédons ainsi au tri. C’est ici que nous cherchons la matière première qui est le sachet biodégradable ou non-biodégradable ayant de l’élasticité pouvant servir à la fabrication des pavés. »

Stanislas Hounguè et Aimé Ahouandjinou sont des agents en service au Centre de Valorisation des déchets en énergies renouvelables et en agriculture (ValDERA). Une initiative pilote du Professeur Placide Clédjo, érigée à l’Université d’Abomey-Calavi [1ème Université du Bénin, Ndlr], sous la tutelle du rectorat.

Le Centre ValDERA a installé 103 poubelles de collecte d’ordures au niveau des centres commerciaux et amphithéâtres de l’Université pour assainir le campus. Il recueille les déchets que produisent les étudiants en formation pour leur donner une seconde vie, soit en compost, en pavé, en tables et bancs, ou encore transformer les cartons en alvéoles. Ici, cinq sections permettent de mener à bien chaque processus de transformation : le tri, la valorisation des papiers et des cartons, la biométhanisation et les énergies renouvelables, le compostage et le maraîchage, les plastiques et assimilées.

Valorisation des déchets plastiques

En ce qui concerne la transformation des sachets en pavés, « il faut d’abord bien les laver pour enlever les impuretés. Ensuite, introduire les sachets dans une marmite sur un feu de noix de palme pour liquéfier le sachet à une température de plus de 500 degré C. C’est lorsque le sachet est fondu qu’on obtient une pâte à mélanger avec du sable fin pouvant faire la moule. Pour fabriquer un pavé, il faut 3kilos de sachets et 2kilos de sable », détaille Aimé Ahouandjinou.

Du tri jusqu’au moulage du pavé, tout le processus se fait manuellement. Ainsi, la fabrication de dix pavés nécessite une heure de temps de travail, de la ressource humaine disponible et des matières premières à acquérir. « Le coût de fabrication de nos pavés revient plus cher que les pavés fabriqués à base de ciment, à cause du travail en amont et de la main d’œuvre. Si pour des pavés en ciment, on peut utiliser 6.000f Cfa pour le m², ici, il faut aller jusqu’à 10.000f Cfa le m² », renseigne Docteur Jaurès Tanmakpi, assistant du Professeur Placide Clédjo au Centre de ValDERA.

Fabrication à titre expérimental

Le coût de revient des pavés fabriqués à base de sachets plastiques dissuade le Centre ValDERA de se lancer dans une production industrielle. A l’origine, ces pavés sont conçus à titre expérimental pour des usages domestiques et non à des fins de construction d’infrastructures routières. Selon M. Ahouandjinou, les agents commis à ce travail à la chaîne, sont exposés aux fumées qui se dégagent de la cuisson des sachets.

Une nouvelle technique est annoncée pour corriger l’émission de fumée lors de la préparation des sachets. En attendant, ces agents souhaitent être mieux protégés et espèrent l’acquisition des moyens modernes de valorisation des déchets, pour un gain de temps et la réduction du coût des intrants. Créé en 2012, le Centre ValDERA a reçu son certificat de reconnaissance en 2014. Pour dupliquer ce prototype, des partenariats sont noués avec les communes de Dogbo, Ouidah, Gogounou et Sèmè-Kpodji.

Michaël Tchokpodo

Charger plus d'articles similaires
Charger plus par La rédaction
Charger plus dans Alternative

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

Voir également

Ghana : Bernice Dapaah invente des vélos en bambou pour sauver l’environnement

Lutter contre les changements climatiques, la pauvreté et répondre aux besoins locaux. C’e…