Accueil A la une La BAD et ses partenaires discutent du potentiel en minéraux verts de l’Afrique pour la transition énergétique

La BAD et ses partenaires discutent du potentiel en minéraux verts de l’Afrique pour la transition énergétique

Un récent webinaire organisé par la Banque africaine de développement a réuni des experts pour examiner de quelle manière l’Afrique pourrait devenir une plaque tournante de la fabrication de batteries lithium-ion pour stocker l’énergie et électrifier la flotte des véhicules de transport.

Le webinaire, tenu le 11 juillet 2022, porte sur le thème « Tirer parti des minéraux verts de l’Afrique pour la transition énergétique : le rôle de l’intégration régionale et de la Zone de libre-échange continentale africaine (ZLECAf) ». Il  s’inscrit dans une série consacrée au développement des connaissances, organisée par le Centre africain de gestion des ressources naturelles et d’investissement de la Banque, ainsi que par le Département des solutions financières, de la politique et de la régulation de l’énergie.

Des représentants de la Banque africaine de développement, du Centre africain de développement minier de l’Union africaine, du secrétariat de la Zone de libre-échange continentale africaine, de Bloomberg NEF, de l’Agence internationale de l’énergie et d’experts indépendants, ont confirmé les opportunités dont dispose l’Afrique, compte tenu de ses riches dotations en lithium, graphite, cobalt, nickel, cuivre et minéraux de terres rares. Tous ces éléments sont essentiels à la construction de la future économie verte mondiale et constituent également de nouvelles opportunités de marché pour la transition vers le zéro émission nette.

Avantages concurrentiels de l’Afrique

Mme Vanessa Ushie, directrice par intérim du Centre africain de gestion des ressources naturelles et d’investissement de la Banque, a souligné le potentiel de l’Afrique dans son allocution d’ouverture : « Compte tenu de l’avantage concurrentiel dont jouit l’Afrique grâce à ses riches dotations en énergies renouvelables et en minéraux verts, de nombreux pays africains ont une occasion unique de bénéficier d’un développement à faible émission de carbone et d’une voie de transition énergétique équitable adaptée à leur contexte national. »

Jerry Ahadjie, responsable des minéraux du Centre africain de gestion des ressources naturelles et d’investissement, a présenté certaines des dernières conclusions des rapports du Centre sur le potentiel des minéraux verts en Afrique, et plus particulièrement en République démocratique du Congo. Il a appelé les pays africains à développer une stratégie nationale pour ancrer la Vision minière africaine afin d’optimiser les bénéfices tirés de la chaîne de valeur des batteries et des véhicules électriques. La production de précurseurs de batteries et de véhicules électriques à deux et trois roues sont des domaines où l’Afrique a toutes ses chances, a-t-il déclaré.

Marit Kitaw, directrice par intérim du Centre africain de développement minier de l’Union africaine, a souligné à quel point ce webinaire tombait à point nommé, compte tenu de la révolution énergétique et des ambitions de réduction nette des émissions de carbone. L’industrialisation basée sur les ressources minérales en Afrique est essentielle. « Pour que l’Afrique se développe, nous devons nous industrialiser ». Elle a souligné que la politique était essentielle pour concrétiser rapidement cette ambition, ajoutant que les minéraux verts nécessitent des politiques industrielles audacieuses et des politiques visant à créer une demande locale.

« Capacité de fabrication de cellules »

M. Kwasi Ampofo, chef de la section Métaux et mines chez Bloomberg NEF, a réaffirmé qu’il existait une réelle opportunité malgré les handicaps actuels. « Il existe une opportunité pour l’Afrique, même si, à l’heure actuelle, il n’y a pas de capacité de fabrication de cellules sur le continent. » Mais la situation centrale de l’Afrique présente de nombreux avantages, notamment avec la Zone de libre-échange continentale africaine. Il a réaffirmé que des politiques sont nécessaires pour créer une demande de batteries et de produits pour véhicules électriques, en prenant l’Europe comme exemple.

Arnaud Rouget, directeur du programme Afrique de l’Agence internationale de l’énergie, a présenté les résultats de travaux sur les minéraux verts, soulignant que la demande de minéraux critiques (notamment le lithium, le cobalt et le nickel) sera multipliée par six d’ici 2040, à mesure que le monde poursuivra ses ambitions d’atteindre l’objectif zéro émission nette.

Demitta Gyang, responsable de la coopération douanière, de la facilitation des échanges et du transit; et conseillère principale auprès du secrétaire général de la ZLECAf, a expliqué comment l’accord de la ZLECAf lui-même vise à faciliter le commerce intra-africain, ce dont la chaîne de valeur des batteries et des véhicules électriques pourrait bénéficier. « L’accord prévoit un meilleur environnement commercial, en veillant à ce que les goulots d’étranglement bureaucratiques, les délais et les coûts soient réduits lorsque les marchandises circulent sur le continent. » Elle a également souligné les aspects de l’accord qui soutiennent l’industrialisation et le commerce entre les pays africains et l’engagement du secrétariat à faciliter le commerce en éliminant les barrières non tarifaires. « Le Secrétariat facilite la connectivité entre les postes frontaliers et harmonise les processus et procédures frontaliers. »

Positionnement de l’Afrique

Parmi les panélistes, figuraient Callixte Kambanda et Samuel Otu de la Banque africaine de développement, Themba Khumalo du secrétariat de la Zone de libre-échange continentale africaine et le Dr Paul Jourdain, consultant indépendant dans le domaine de l’extraction. Ils ont partagé leurs points de vue sur la façon dont l’Afrique pourrait se positionner pour rendre locale la chaîne de valeur des batteries et des véhicules électriques. 

Fred Kabanda, responsable de division au Centre africain de gestion des ressources naturelles et d’investissement, a animé cette session de deux heures. Wale Shonibare, directeur du Département des solutions financières, de la politique et de la régulation de l’énergie de la Banque, a conclu les débats.

M. Shonibare a souligné la nécessité de mobiliser des financements pour accélérer le développement du stockage des batteries et de la chaîne de valeur des véhicules électriques en Afrique. « Nous devons mettre en place des véhicules financiers, car le coût du capital est un défi », a-t-il déclaré. Il a également conseillé aux principales institutions africaines — la Banque africaine de développement, l’Union africaine et le secrétariat de la Zone de libre-échange continentale africaine — de se mobiliser et de mettre en place des mesures panafricaines pour harmoniser les normes, les allégements fiscaux et le libre-échange afin de réaliser cette ambition.

Source : Banque africaine de développement

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