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MTN : des médias béninois s’engagent pour leur contrôle et leur élimination

Une dizaine de médias béninois ont participé les 23 et 24 mai dernier à Pobè, à un atelier national d’échange et d’engagement en faveur du contrôle et de l’élimination des maladies tropicales négligées (MTN). Une initiative qui s’inscrit dans le cadre de la mise en œuvre du Plan de travail annuel 2024 de la Coalition nationale multisectorielle « Non Aux MTN » piloté par l’ONG VIA-ME avec le Programme national de lutte contre les maladies transmissibles (PNLMT) et sur financement de l’ONG Speak Up Africa.

23 mai à 8h : cap sur le centre Raoul Follereau de Pobè fondé en 2002 pour la prise en charge des cas d’ulcère de Buruli. Progressivement, le centre s’est étendu au traitement d’autres types de plaies et accueille désormais entre 1800 et 2200 patients chaque année. Entièrement financé par la Fondation Raoul Follereau France, il fait une prise en charge complète et gratuite (contre une modique somme) des patients de plaies.

Une visite guidée du centre a permis aux journalistes de se rendre à l’évidence des efforts déployés non seulement pour soigner les patients mais aussi pour participer à la continuité de l’enseignement des apprenants malades. Ce fut une introduction dans la réalité des MTN au Bénin avant l’entame de l’atelier. Grâce à ses relais communautaires sur le terrain, le centre Raoul Follereau sensibilise les populations à travers des émissions interactives et des reportages sur-place sur les MTN en les invitant à se rendre au centre dès l’apparition des premiers symptômes.

« Les maladies tropicales négligées sont considérées comme de grands problèmes de santé publique au Bénin comme dans la plupart des pays pauvres. Ainsi, afin de lutter contre ces maladies, la Coalition nationale multisectorielle « Non Aux MTN » en collaboration avec le Programme nationale de lutte contre les maladies transmissibles et grâce au soutien technique et financier de Speak Up Africa mène des actions pour lutter contre ces fléaux. Le rôle des médias dans la lutte est également déterminant », explique Stella Vodonou, représentante de la présidente de l’ONG VIA-ME.

« Générer une couverture médiatique de qualité autour des MTN »

Firdaoss Youssoufou, représentante de l’ONG Speak Up Africa fait la remarque selon laquelle : « des maladies tropicales négligées, au paludisme, en passant par les pathologies évitables par la vaccination ou causées par un manque d’assainissement, des millions de personnes à travers l’Afrique continuent chaque jour de souffrir de maladies évitables et traitables qui créent des obstacles à l’éducation, à l’emploi, à l’égalité des genres, à la croissance économique et au développement en général. A cela d’ajoute les problèmes d’ordre moral ou psychologique auxquels sont confrontées les personnes qui les contractent, les rendent invalides et les plongent dans un cercle vicieux de pauvreté et vulnérables à d’autres maladies. »

A l’en croire, un changement durable ne pourra intervenir qu’avec la sensibilisation des citoyens et la responsabilisation des décideurs. En ce sens, le rôle des médias est essentiel. Car, ils pourront à travers des reportages réguliers et de qualité sur ces questions clés de santé publique, devenir de puissants agents de changement pouvant aider à atteindre, collectivement, les objectifs de développement durable sur le continent.

Par ailleurs, rappelle-t-elle : « au Bénin, grâce à une collaboration entre tous les partenaires impliqués dans la lutte contre les MTN et sous le leadership du PNLMT, la coalition multisectorielle pour la lutte contre les MTN a été initiée en octobre 2023. Le présent regroupement s’inscrit en droite ligne des activités de la Coalition, et vise à renforcer les capacités des journalistes à générer une couverture médiatique de qualité autour des MTN. »

Les avancées dans la lutte contre les MTN

A cet atelier, Carole Catharia représentait la coordonnatrice du Programme national de lutte contre les maladies transmissibles (PNLMT). D’après elle, à la suite de la création de la Coalition multisectorielle « Non Aux MTN » le mercredi 18 octobre 2023, plusieurs rencontres ont rassemblé les membres de ladite coalition depuis le début de l’année 2024. « La présente rencontre d’échanges entre des médias en faveur de la lutte et de l’élimination des MTN au Bénin marquera certainement une étape importante dans la lutte contre ces maladies dites négligées au Bénin. A la fin de cette rencontre, toute la bataille médiatique que vous pourrez faire autour de ces questions nous permettra de mieux faire connaître ces maladies tropicales négligées », a-t-elle fait savoir.

Après cette cérémonie protocolaire, place à une série de communications. La première de Carole Catharia portait sur « l’état des lieux, les progrès et les défis de la lutte contre les MTN au Bénin. » Il en ressort que les MTN constituent un groupe diversifié de 20 affections qui sévissent principalement dans les zones tropicales, où elles touchent plus d’un milliard de personnes dans les communautés les plus pauvres. En 2020, 18 MTN sont considérées comme un problème de santé publique dans la région africaine de l’OMS et quatorze (14) sont endémiques au Bénin à l’instar de l’Onchocercose, la Filariose lymphatique, les Schistosomiases, la Trypanosomiase Humaine Africaine, les Géo helminthiases, la lèpre, etc.

« Les MTN aveuglent, invalident et défigurent les gens, les privant non seulement de leur santé, mais aussi leurs chances de rester à l’école (enfants d’âge scolaire), de gagner leur vie ou même d’être acceptées par leur famille ou leur communauté », peut-on retenir de cette communication. Cependant, le Bénin a pu enregistrer des avancées comme l’éradication de la dracunculose en 2009, l’élimination de la THA en 2020 en tant que problème de santé publique, l’élimination du trachome en 2023 en tant que problème de santé publique et sa célébration, puis l’arrêt des traitements de masse contre la filariose lymphatique depuis 2020.

Engagement des médias

Mais les défis qu’il reste à relever ont trait à l’extension des interventions de la prise en charge de morbidité et la prévention des incapacités liées à la filariose lymphatique à tous les départements. Il y a également la réalisation de la cartographie de la rage, du noma et des envenimations par morsures de serpent pour mieux orienter les actions. « Multisectorialité au service de la lutte contre les MTN » est le titre de la deuxième communication présentée par Firdaoss Youssoufou. Elle a notamment levé un coin de voile sur l’ONG Speak Up Africa, qui, en mettant l’accent sur la communication stratégique, les politiques et le plaidoyer, s’engage à soutenir les dirigeants, les citoyens africains à participer activement à identifier et élaborer de solutions pour relever les grands défis du continent comme le paludisme, les MTN, la vaccination, l’assainissement, l’égalité des genres, la recherche et le développement en matière de santé mondiale.

Si elle a pour objectif de renforcer la coordination entre les différents secteurs impliqués dans la lutte contre les MTN pour une action plus efficace, efficiente et durable, l’ONG Speak Up Africa a pour mission de fournir une plateforme aux OSC africaines afin qu’elles puissent contribuer à l’effort mondial de contrôle et d’élimination des MTN. La dernière communication portant sur : « Quel engagement des acteurs des médias pour un combat efficace ? » et présentée par Alain Tossounon, Président du RAMEC a été une invite à l’endroit des médias à jouer le rôle qui est le leur dans la lutte contre les maladies, notamment les MTN.

A la suite de cela, les journalistes ont formulé des propositions de sujets réalisables selon le type de média et avec des périodes de mise en œuvre définies. Ils ont ensuite pris l’engagement d’accompagner le projet dans sa mise en œuvre à travers leurs différentes productions.

Michaël Tchokpodo

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