D’après l’Unicef, les violences sexuelles visant les mineurs en RDC s’inscrivent dans un contexte d’instabilité chronique. Les provinces du Nord-Kivu, du Sud-Kivu et de l’Ituri concentrent la majorité des cas, en raison des conflits armés et intercommunautaires qui fragilisent les communautés.
Dans ces zones, les déplacements forcés, la pauvreté et l’insécurité alimentaire exposent davantage les enfants, en particulier les adolescentes. Sur le terrain, les structures de prise en charge sont débordées. Dans les camps de déplacés, les victimes arrivent souvent dans un état de détresse psychologique marqué. Les professionnels de santé soulignent la peur constante et le traumatisme vécu par les jeunes filles, contraintes de survivre dans des environnements surpeuplés et peu sécurisés.
Si l’est du pays reste l’épicentre de la crise, Kinshasa et la province du Kasaï enregistrent également des cas, confirmant l’ampleur nationale du phénomène. La déscolarisation et les mariages précoces accentuent encore la vulnérabilité des mineurs face aux abus.
Le système judiciaire congolais peine à répondre efficacement à ces violences. Dans de nombreuses zones rurales affectées par les conflits, l’État est quasi absent. Faute de recours judiciaire, certaines familles concluent des accords informels avec les auteurs présumés, souvent sous forme de compensations financières, une pratique dénoncée par les ONG comme un obstacle majeur à la lutte contre les violences sexuelles.
