« Assurer la sécurité alimentaire en Afrique et fournir des engrais verts de manière durable » tel est le but pour lequel l’AFD a accordé ce prêt. L’office chérifien du phosphate est une société marocaine spécialisée dans la fabrication d’engrais depuis 1929. D’après l’enquête du média Vert éco, signé par Anne-Claire Poirier et intitulée « Comment la France a financé la contamination des terres africaines au cadmium », ces engrais sont nocifs pour les terres et la santé humaine, et sont cancérigènes à cause d’un métal nommé Cadmium. Longtemps utilisés en France, l’aspect nocif de ces produits à base de phosphate n’a été reconnu que récemment.
Et ce, en dépit des avertissements des hommes de sciences. Le paradoxe prend corps quand un produit reconnu nocif pour les français est financé pour la sécurité alimentaire des pays africains. Cette société qui exploite le gisement marocain est étendue à plusieurs filiales, « et la branche du groupe dédié aux marchés africains revendique douze filiales, essentiellement en Afrique de l’Ouest (Bénin, Burkina Faso, Togo, Cameroun, Côte d’Ivoire, Ghana, Sénégal, Nigeria), mais aussi à l’Est, en Ethiopie, Kenya, Rwanda, Tanzanie et Zambie. Le groupe assure ainsi vendre ses produits dans 42 pays africains, (touchant plus de 4,2 millions de petits exploitants) ».
L’utilisation de ces engrais a des conséquences palpables. Selon cette enquête et d’après la Fondation pour l’Agriculture et la Ruralité dans le Monde (FARM), aussi financée par l’AFD, « le risque est réel de voir les sols et l’alimentation de nombreux pays africains à leur tour contaminés au cadmium. En Afrique de l’Ouest, par exemple, les sols acides et pauvres en matières organiques favorisent la migration du cadmium vers les plantes, aggravant ainsi le risque de contaminer la chaîne alimentaire ». De plus, les concentrations maximales de cadmium autorisées sont assez élevées en Afrique selon le pays, va jusqu’à 1000 mg par kg largement au-dessus du seuil autorisé dans l’Union européenne.
