Projet Cascade : un atelier de revue du PTA pour mesurer l’impact et tracer l’avenir

Le projet CASCADE a tenu, les 4 et 5 août 2026 à Grand-Popo, son atelier de revue du plan de travail annuel (PTA) couvrant la période jusqu’à fin juillet. Autour de la table, les chargés de projets des ONG partenaires ont dressé le bilan des avancées, partagé les leçons apprises et esquissé les perspectives pour la suite.

De mai à fin juillet 2026, la mise en œuvre du projet Cascade a été passée au crible lors d’un nouvel atelier organisé les 4 et 5 août à Grand-Popo. Cette rencontre, la deuxième de l’année, s’inscrit dans une dynamique de suivi régulier, puisque depuis son lancement en juin 2022, le projet est évalué tous les trois mois. Prévu pour s’achever le 31 décembre 2026, il bénéficie ainsi d’un mécanisme de contrôle continu jugé indispensable à sa bonne marche.

« Nous nous rassemblons tous les trois mois pour faire un point de mise en œuvre et un point de consommation budgétaire », a expliqué Edmond Zinzindohoue, gestionnaire du projet à Care Bénin/Togo. L’atelier a permis de dresser le bilan des activités, d’analyser la consommation budgétaire et de partager les leçons apprises avec les ONG et alliances partenaires. Ce processus de transparence et de concertation est essentiel pour garantir la crédibilité du projet auprès des communautés bénéficiaires et des acteurs institutionnels.

Les résultats présentés ont mis en lumière des avancées notables. Selon Edmond Zinzindohoue, l’évaluation révèle une amélioration significative dans la mise en connexion des politiques publiques avec les communautés locales. Les communes bénéficiaires ont pu intégrer les priorités nationales dans leurs propres plans d’action, renforçant ainsi la cohérence entre les stratégies de l’État et les besoins des populations. « Si on nous évalue, on verra que nous avons impacté plus que les 20 communes », a-t-il affirmé, soulignant l’ampleur des retombées du projet.

Des acquis encourageants mais des défis persistants

Au-delà des résultats, l’atelier a permis d’identifier les défis qui subsistent. Edmond Zinzindohoue a recommandé l’adoption des approches d’intervention développées dans le cadre du projet, afin de favoriser des changements plus systémiques. Ces outils, déjà éprouvés, permettent d’évaluer les services de nutrition dans divers domaines tels que l’eau, l’alimentation et la santé. « Que ces outils que nous avons eu à déployer, qui ont fait leurs preuves aujourd’hui, puissent être adoptés par les services de l’État pour qu’ils puissent aller au-delà de la communauté avec laquelle nous travaillons », a-t-il plaidé.

La gestion efficace des fonds à venir a également été identifiée comme une priorité, afin que le volet nutrition soit renforcé. Hyasmine Sahouegnon, coordonnatrice du projet chez Gain, a salué les succès enregistrés et insisté sur l’importance de la capitalisation. Elle a rappelé que l’atelier a permis de faire le point des activités réalisées, de mesurer les succès obtenus et d’échanger sur les éléments de durabilité.

Cependant, tout n’a pas été rose. Les discussions ont mis en évidence des imperfections qu’il faudra corriger. Kalixta d’Almeida, secrétaire générale de l’Alliance pour l’intensification de la nutrition au Bénin (ASCINB), a invité ses pairs à travailler ensemble pour améliorer ce qui n’a pas fonctionné. « Il faut que l’image du Bénin soit toujours bien présentée au vu et au su du monde à l’extérieur », a-t-elle insisté. Elle a également rappelé le rôle de sensibilisation joué par son organisation, notamment pour des régimes alimentaires équilibrés, et a appelé l’État à exercer une surveillance accrue sur la qualité des repas servis dans les espaces publics et privés.

Les témoignages ont aussi mis en avant des initiatives concrètes. Arsène Salifou, chargé de programme à la Fédération Nationale des Femmes Agricultrices du Bénin (FéNaFAB), s’est réjoui du rôle joué par sa fédération dans la mise en place de jardins communautaires et jardins de case à Djidja et Toviklin. « Nous sommes à 96 % de taux de réalisation. Donc, c’est un succès qui mérite même d’être prolongé », a-t-il déclaré. Ces résultats illustrent la capacité des acteurs locaux à s’approprier les actions du projet et à les transformer en solutions durables pour leurs communautés.

Vers la durabilité et l’institutionnalisation des approches

Pour les différents participants, l’objectif est désormais clair : s’appuyer sur les bilans réalisés pour assurer la durabilité du projet. Daniel Djodjouhouin, coordonnateur national du programme sécurité alimentaire et nutrition de Care Bénin/Togo, a insisté sur la nécessité de renforcer les acquis afin que les acteurs puissent continuer à approfondir les actions même après la clôture du projet. « Un travail de fond a été fait et les éléments de durabilité sont en place. Mais il faut les renforcer pour qu’une fois que nous ne serons plus là, les différents acteurs puissent continuer à approfondir les aspects pour que les Béninois mangent mieux et que les enfants se portent bien », a-t-il déclaré.

Selon les termes contractuels, le projet Cascade devait prendre fin le 31 décembre 2026. Toutefois, une extension d’un an a été obtenue pour capitaliser les acquis et institutionnaliser les approches développées. « Nous allons surtout travailler à l’institutionnalisation des approches que nous avons promues dans la mise en œuvre du projet avec les ministères sectoriels et les acteurs pertinents », a informé Daniel Djodjouhouin. Cette prolongation témoigne de la volonté des partenaires de consolider les résultats et d’assurer une transition durable vers des politiques publiques intégrant pleinement les enjeux de nutrition et de sécurité alimentaire.

Ainsi, l’atelier de Grand-Popo a permis non seulement de dresser un bilan des avancées, mais aussi de mettre en lumière les défis à relever et les perspectives à envisager. Entre acquis encourageants, imperfections à corriger et stratégies à institutionnaliser, le projet Cascade continue de tracer sa voie vers une meilleure intégration des politiques publiques et une amélioration durable des conditions de vie des populations.

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