Comment rendre les investissements industriels davantage profitables aux entreprises béninoises ? C’est la problématique au centre de la thématique « Industries et PME : construire des chaînes de valeur béninoises » abordée à l’occasion du « CDC Bénin Talk » de ce vendredi, une initiative de la Caisse des dépôts et consignations du Bénin (CDC Bénin) qui se veut périodique.
Les objectifs de cette édition ayant réuni le vivier de l’écosystème entrepreneurial et financier visent à : identifier les biens et services pouvant être davantage fournis par les PME locales aux industries installées au Bénin, les principaux obstacles des PME locales pour accéder à ces marchés, faire émerger des mécanismes concrets de mise à niveau, de contractualisation, d’accompagnement et de financement des PME, et convenir de trois à cinq actions prioritaires à engager dès 2027, en précisant les acteurs susceptibles de les porter.
A l’entame de son propos, Maryse Lokossou, directrice générale de la CDC Bénin, a rappelé que le développement des capacités industrielles du Bénin doit également favoriser la croissance des entreprises nationales. « Quelles sont leurs retombées réelles sur le tissu économique local ? Et plus précisément, dans quelle mesure nos PME béninoises profitent-elles de cette dynamique industrielle ? », s’est-elle interrogée. Pour illustrer les possibilités offertes aux entreprises locales, elle a évoqué les besoins générés par les unités industrielles, notamment en matière de transport, de maintenance, d’emballage, de logistique et d’approvisionnement en matières premières.
Ces besoins constituent, selon elle, autant de débouchés potentiels pour les PME béninoises. Encore faut-il que celles-ci disposent des capacités techniques, financières et organisationnelles nécessaires pour satisfaire les exigences des industriels. Maryse Lokossou a ainsi résumé l’approche du talk autour de trois principes : constater les réalités du secteur, comprendre les obstacles et connecter les entreprises aux opportunités disponibles. « Notre ambition à travers ce talk est surtout de voir comment nous pouvons mieux connecter les besoins de nos industriels aux capacités et aux potentiels de nos PME », a-t-elle expliqué.
Le financement et la structuration des PME
Les discussions ont mis en évidence plusieurs difficultés qui freinent l’intégration des PME dans les chaînes de valeur industrielles. Parmi elles, figurent les exigences de qualité, la capacité à fournir les volumes demandés, le respect des délais de livraison, l’insuffisance de visibilité sur les besoins des industries et le manque de structuration des relations entre les acteurs économiques.
La présentation de la synthèse des échanges a également fait ressortir la nécessité de renforcer la spécialisation des entreprises, leur mise aux normes et leur accompagnement technique. Plusieurs pistes d’action ont été évoquées, notamment la constitution de répertoires permettant de mettre en relation les entreprises industrielles et les PME capables de répondre à leurs besoins. Une meilleure visibilité sur les opportunités de sous-traitance et un accompagnement à la normalisation figurent également parmi les orientations proposées.
Un panel consacré à l’élaboration d’une feuille de route commune a ensuite réuni des représentants de l’industrie, des structures publiques d’accompagnement et des partenaires financiers. Il s’agit de : Ghislain Tchaou, directeur général de Tchaou Group Manufacture, Alvyne Alia, directrice générale de l’Agence de développement des petites et moyennes entreprises (ADPME), Jessica Gaba, responsable principale du développement et du financement des PME à la Banque européenne pour la reconstruction et le développement (BERD), et de Moubarak Soumanou, directeur général de l’Industrie, de l’Investissement privé et du Climat des affaires.
Les échanges ont notamment porté sur les stratégies pour rapprocher les besoins des entreprises industrielles des capacités des PME locales et des outils de financement de ces dernières.
Des dispositifs de financement
Des mécanismes visant à améliorer l’accès des PME aux financements et à l’accompagnement ont été présents. Les participants ont notamment été informés des programmes Choose Africa 2-Bénin et WEDAF, ainsi que des instruments envisagés pour soutenir le développement des entreprises. Faut-il le notifier, le programme Choose Africa 2 Bénin est une initiative de l’Agence française de développement (AFD) et du Groupe AFD/Proparco, conçue pour soutenir l’entrepreneuriat et renforcer l’accès au financement des TPE et PME béninoises.
Le WEDAF (Projet de Développement de l’Entreprenariat Féminin et d’Accès au Financement) est une initiative mise en place au Bénin avec le soutien de la Banque mondiale. Il vise à transformer durablement le paysage entrepreneurial féminin au Bénin. Au cours du Talk, les présentations ont abordé plusieurs formes d’intervention, dont les lignes de financement, les mécanismes de garantie, l’assistance technique et les fonds d’investissement.
En clôturant ce talk, Maryse Lokossou a souligné l’importance de mieux préparer les projets avant leur présentation aux partenaires financiers. Elle a notamment insisté sur le coût des études préalables et les difficultés des entreprises à atteindre les standards exigés par les banques. D’après elle, les dispositifs d’accompagnement ne peuvent produire pleinement leurs effets sans l’engagement des entreprises bénéficiaires. Elle a réaffirmé la disponibilité de la CDC Bénin à échanger avec les promoteurs de PME et à les orienter vers les solutions qui correspondent à leurs besoins.
Pour rappel, la Caisse des Dépôts et Consignations du Bénin est une institution financière publique qui contribue au développement économique et social national. Sa mission d’investisseur d’intérêt général la positionne comme un acteur clé du développement des secteurs public et privé ; à même d’engager les échanges entre différents acteurs dans une dynamique de convergence des initiatives pour accélérer la transformation économique du Bénin.
