Cette rencontre a rassemblé des organisations paysannes, des acteurs de la société civile, des chercheurs, ainsi que des collectifs de femmes et de jeunes. Elle a également mobilisé les partenaires du programme APAESC-AO, parmi lesquels Oxfam, CAD Mali, la CNOP, l’IRPAD Afrique, le Réseau Wassa Mali et la Plateforme nationale AEPB Mali.
L’objectif était clair : partager les expériences, renforcer les synergies et identifier des pistes pour accélérer la transition agroécologique dans la sous-région. Les échanges ont porté sur les dynamiques du mouvement agroécologique aux niveaux communautaire, territorial, national et régional, ainsi que sur les articulations à consolider entre les initiatives existantes.
Pour Balkissa Daoura, secrétaire exécutive de la COPAGEN, cette rencontre s’inscrit dans une dynamique régionale de réflexion et d’action en faveur de l’agroécologie. Elle a souligné l’importance du partage d’expériences et du renforcement des liens entre les acteurs engagés dans cette transition.
Des défis persistants
Malgré les avancées, plusieurs défis demeurent. Ibrahim Hamadou, coordinateur régional du programme APAESC-AO au sein d’Oxfam, a relevé les difficultés liées à l’harmonisation des pratiques et du discours, ainsi qu’au passage à l’échelle des expériences réussies. Il a insisté sur la nécessité d’impliquer davantage les institutions et les États pour accélérer la transition.
La question de la sécurité semencière a également été abordée. Dans le cadre du projet ÉGALE-AO, dédié à l’égalité de genre par l’agroécologie portée par les femmes, des évaluations participatives ont été menées dans plusieurs pays. Adama Soulama, chargé de projet, a présenté les résultats, insistant sur l’importance d’amener les producteurs à gérer de manière autonome leurs semences et à garantir leur qualité.
Pistes d’action
Au terme des échanges, plusieurs orientations ont été mises en avant à savoir : renforcer la formation et l’accompagnement des producteurs, accroître l’implication des États dans la transition agroécologique, intégrer les semences paysannes dans les politiques et législations et consolider le plaidoyer des organisations de la société civile pour inscrire durablement l’agroécologie dans les politiques publiques.
Le FSM 2026 a par ailleurs été marqué par une riche programmation dédiée à l’agroécologie. À travers le Village agroécologique, les organisations partenaires et les acteurs paysans ont proposé des visites de fermes, des échanges d’expériences, des panels et des expositions consacrées aux produits et semences paysannes, témoignant de la vitalité et de la diversité du mouvement agroécologique en Afrique de l’Ouest et au Sahel.
