Les chercheurs les comparent à un « cheval de Troie », car des polluants organiques persistants, des métaux lourds et d’autres contaminants peuvent se fixer à leur surface. Ils peuvent ainsi devenir de véritables « navettes de polluants », capables de circuler dans l’eau, les sols et les réseaux trophiques, voire au-delà des frontières environnementales. Selon les auteurs de l’étude que cite le média La Presse, « les microplastiques ne doivent pas être considérés comme des particules isolées dans l’environnement ». Ils peuvent « interagir avec des substances chimiques et des micro-organismes, les transporter d’un compartiment environnemental à l’autre et, dans certaines conditions, amplifier leurs effets écologiques ».
Le danger varie également selon leur taille. Les microplastiques classiques peuvent libérer les contaminants dans le système digestif après ingestion. Les nanoplastiques, inférieurs à environ un micromètre, peuvent quant à eux traverser les membranes biologiques et favoriser la diffusion des polluants vers les organes internes. En outre, la « plastosphère », constituée de communautés microbiennes vivant sur ces surfaces. Ces biofilms peuvent abriter des agents pathogènes et des gènes de résistance aux antibiotiques, favorisant leur transfert entre micro-organismes.
Les scientifiques évoquent ainsi une « rétroaction positive bidirectionnelle » susceptible d’intensifier à la fois l’accumulation des contaminants et la propagation de la résistance aux antibiotiques. Les conclusions ont été publiées dans la revue scientifique Energy & Environment Nexus.
