BAD : financement de 84 M€ pour le développement durable des forêts marocaines

La Banque africaine de développement (BAD) a accordé un financement de 84 millions d’euros au Maroc pour soutenir le « Projet d’appui au développement inclusif et durable des zones forestières ».

Ce projet vise à renforcer la résilience de l’économie marocaine face aux changements climatiques et à améliorer la gestion des ressources en eau. Il a pour ambition de promouvoir une classe moyenne rurale en mettant en place une gestion durable des ressources naturelles, en valorisant les chaînes de valeur forestières de manière inclusive, et en développant l’entrepreneuriat forestier et aquacole.

Le projet comprend trois composantes principales : les aménagements forestiers structurants, la valorisation de l’espace forestier et la promotion des chaînes de valeur, ainsi que le renforcement des capacités institutionnelles et la coordination du programme.

Bénéficiaires et régions ciblées

Environ 6,5 millions de personnes des régions de Rabat-Salé-Kenitra, Marrakech-Safi, Tanger-Tétouan-Al Hoceima et Souss-Massa, vivant dans des zones rurales, sont les principales bénéficiaires. Le projet profitera également aux coopératives, interprofessions et PME opérant dans les filières forestières et aquacoles.

La BAD souligne que ce programme contribuera aux objectifs de la stratégie « Forêts du Maroc 2020-2030 » en mettant en œuvre diverses actions clés, telles que l’aménagement intégré de quatre parcs nationaux, la promotion de la biodiversité via la réintroduction d’espèces disparues ou menacées, et la restauration des terres érodées par des traitements biologiques. Il favorisera également l’entrepreneuriat des jeunes et des femmes dans les secteurs forestier et aquacole en facilitant leur accès au financement, en leur fournissant des services d’accompagnement, et en établissant trois incubateurs dédiés.

De plus, le projet développera l’écotourisme en aménageant des zones spécifiques dans les parcs nationaux et soutiendra quatre filières principales : liège, eucalyptus, plantes aromatiques et médicinales, et aquaculture continentale. Il inclura également la création de zones de transformation pour accroître la valeur ajoutée des filières, un centre d’excellence et d’innovation forestière, ainsi qu’un réseau d’échange de bonnes pratiques entre l’Afrique du Nord, centrale et australe. Enfin, il renforcera les capacités de gestion et de coordination des acteurs du secteur forestier.

Stratégies pour l’avenir

Ces dernières années, le Maroc a été particulièrement affecté par les changements climatiques, notamment par des épisodes de sécheresse marquants entre 2021 et 2023, qui ont ralenti la croissance économique agricole.

Pour 2024, le gouvernement marocain a défini quatre priorités : contrer les impacts conjoncturels et renforcer la résilience du pays, consolider les bases de l’État social, mettre en œuvre des réformes structurelles et assurer la durabilité des finances publiques.

Ce projet vise à protéger les ressources naturelles et à renforcer la résilience des territoires face aux changements climatiques, tout en préservant les ressources en eau et en soutenant l’inclusion des jeunes grâce à l’entrepreneuriat forestier et aquacole.

Roméo Agonmadami

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