« De la déclaration à l’action : vers des systèmes intégrés santé-environnement-nutrition, pour répondre aux crises globales », c’est le thème autour duquel le webinaire a réuni plusieurs experts africains et décideurs. Le constat partagé est que, l’Afrique reste vulnérable face aux crises sanitaires et environnementales. Faible investissement dans la recherche, dépendance aux importations de médicaments et impact du changement climatique constituent les principaux défis, aggravés par la pandémie de Covid-19. Aujourd’hui, moins de 20 % des produits pharmaceutiques consommés sur le continent sont fabriqués localement, révélant une dépendance structurelle préoccupante.
Pour la présidente du Forum Galien Afrique, Awa Marie Coll-Seck, l’heure n’est plus aux déclarations d’intention. Elle insiste sur la nécessité de transformer les projets en programmes concrets afin de garantir une place stratégique à l’Afrique dans les décisions mondiales. « Notre voix doit être entendue à Lyon pour que l’Afrique ait la place qu’elle mérite. », a-t-elle affirmé.
Même son de cloche du côté de l’ancienne ministre de la santé publique de Guinée Bissau et membre du Conseil de Africa Public Health Foundation, Dr Magda Robal. Elle appelle à repenser la formation universitaire. L’objectif est de produire des innovateurs capables de répondre aux réalités sanitaires locales, et non uniquement des praticiens. Selon elle, la souveraineté sanitaire repose sur un processus clair. « Pour y parvenir, il faut concevoir, produire, réguler localement et former des cadres en vue de l’élaboration d’un répertoire de compétences humaines », a-t-elle expliqué.
Dans cette dynamique, Benoît Miribel a invité la société civile à s’impliquer davantage. Il souligne que l’approche One Health, qui lie santé humaine, animale et environnementale, est déjà une réalité quotidienne en Afrique, nécessitant une valorisation des pratiques locales. Les échanges ont permis de dégager quatre axes stratégiques : l’amélioration de la gouvernance sanitaire, la souveraineté des données, la promotion de l’innovation locale et la promotion des politiques inclusives, intégrant femmes, jeunes et communautés. Le sommet de Lyon qui a commencé le 5 avril 2026, prendra fin le 7 avril 2026.
