La phase décentralisée de la campagne nationale d’accélération de la prise en charge pédiatrique du VIH : « Finir avec les nouvelles infections au VIH chez les enfants au Bénin » est officiellement lancée au Bénin. Cette nouvelle étape s’inscrit dans la continuité du lancement national intervenu en septembre 2025, sous le leadership du ministère de la Santé, à travers le Programme Santé de Lutte contre le Sida (PSLS). Au cours de ce lancement, l’accent a été mis sur l’urgence de renforcer la réponse face aux défis persistants de la prise en charge des enfants vivant avec le VIH. « Notre présence dans cette salle n’est pas juste protocolaire, elle est vitale. Nous lançons officiellement la phase décentralisée de la campagne nationale d’accélération de la prise en charge pédiatrique avec les nouvelles infections VIH chez les enfants au Bénin », a déclaré Dr Christian Mouala, directeur multi pays Bénin-Togo-Côte d’Ivoire de l’ONUSIDA.
En effet, malgré les progrès enregistrés dans la prévention de la transmission mère-enfant, la prise en charge pédiatrique demeure un défi majeur. Selon les données officielles, le Bénin a atteint près de 95 % de couverture en traitement antirétroviral chez les femmes enceintes vivant avec le VIH. En revanche, seuls 51 % des enfants vivant avec le VIH avaient accès au traitement en 2025, contre 36 % en 2023. Les principaux obstacles identifiés concernent le faible dépistage des enfants, leur maintien insuffisant dans les soins ainsi que la persistance de la stigmatisation et du déficit d’information autour de la prévention de la transmission mère-enfant. Ces difficultés favorisent les infections non diagnostiquées, les retards de traitement et augmentent le risque de mortalité infantile.
Au cours de son intervention, Dr Christian Mouala a appelé les différents acteurs impliqués dans la campagne à accélérer les actions sur le terrain. « Notre objectif n’est plus seulement de soigner, mais d’agir vite. C’est le sens profond du mot accélérer. Chers membres, ce comité de pilotage est le garant de cette transformation. Nous ne sommes pas ici pour gérer la routine, mais pour la bousculer », a-t-il affirmé.
Une campagne nationale pour toucher les populations les plus vulnérables
Les différentes parties prenantes de la campagne entendent désormais rapprocher les services spécialisés des communautés les plus reculées grâce à une forte implication des femmes leaders et des acteurs influents. « L’ambition de cette phase décentralisée de la campagne est claire : utiliser le potentiel de la visibilité des leaders féminins, politiques, religieux, communautaires, coutumiers et des élus locaux à aider à rapprocher nos communautés de nos services de santé », a affirmé Dr Moussa Bachabi, coordonnateur du PSLS. Cette stratégie prévoit également le déploiement départemental ciblant prioritairement les zones à forte transmission mère-enfant et faible couverture des services, un mécanisme de suivi et de redevabilité avec revues trimestrielles, ainsi qu’une vaste campagne nationale de communication (spots radio-TV, vidéos, affiches, réseaux sociaux, WhatsApp, SMS).
Parmi les résultats attendus, figurent l’augmentation du dépistage chez les femmes enceintes et les enfants de moins de 15 ans, l’identification d’un plus grand nombre d’enfants vivant avec le VIH, leur mise sous traitement ainsi que la réduction de la transmission mère-enfant. Les organisateurs souhaitent également renforcer la diffusion de messages de sensibilisation à travers les médias et les relais communautaires. Les partenaires techniques et financiers, notamment l’OMS, l’UNICEF, l’UNFPA, le Fonds mondial, le Luxembourg et l’ONUSIDA, ont été salués pour leur accompagnement dans la mise en œuvre de cette campagne nationale. Le coordonnateur du PSLS Dr Moussa Bachabi a également rendu hommage aux leaders communautaires, religieux et traditionnels mobilisés pour porter les messages de prévention au sein des populations. Il n’a pas manqué de lancer un appel à la mobilisation de tous les acteurs afin que cette campagne produise des résultats concrets.
« Nous avons l’opportunité historique de changer la donne pour des milliers d’enfants, en faisant en sorte que cette campagne d’accélération de la prise en charge du VIH pédiatrique ne soit pas un vain mot, mais une réalité tangible qui sauve des vies et redonne le sourire à nos familles », a-t-il conclu avant de déclarer officiellement ouverts les travaux du comité de pilotage de la campagne.
