Accueil A la une « On ne peut pas prévenir le cancer de l’enfant mais on peut prévenir les décès »

« On ne peut pas prévenir le cancer de l’enfant mais on peut prévenir les décès »

Le Réseau des médias africains pour la promotion de la santé et de l’environnement (REMAPSEN) a tenu ce mercredi 27 mars, son 5ème webinaire de l’année autour du thème : « Les cancers de l’enfant en Afrique, parlons-en. » Il a reçu comme invités Dr Issimouha Dille, chargée de la lutte contre le cancer au bureau régional de l’Organisation mondiale de la santé (OMS) Afrique et Pr Atteby Jean-Jacques Yao, Pédiatre Oncologue, Chef du Service d’oncologie pédiatrique à l’Hôpital Mère Enfant de Bingerville en Côte d’Ivoire.

Le cancer pédiatrique est une maladie rare qui représente 1% de l’ensemble des cancers. Les cancers les plus fréquents chez les enfants sont : la leucémie aiguë, le lymphome, le cancer du rein, le cancer des os, les tumeurs cérébrales et le cancer de la rétine. « Les cancers de l’enfant ne sont pas fréquents mais ils ont une mortalité très élevée. Les six cancers fréquents chez l’enfant représentent 50 à 60% des cancers de l’enfant et sont les cancers les plus curables », rassure Dr Issimouha Dille, chargée de la lutte contre le cancer au bureau régional de l’OMS Afrique.

Selon des chiffres publiés sur le site : « guérir le cancer des enfants en Afrique », on estime qu’au moins 20 000 nouveaux cas de cancers surviennent chaque année chez les enfants de 0 à 15 ans en Afrique sub-saharienne francophone et le nombre devrait augmenter d’environ 29% d’ici 2030 en raison de l’augmentation de la population. En Côte d’Ivoire, Pr Atteby Jean-Jacques Yao, pédiatre oncologue, chef du service d’oncologie pédiatrique à l’Hôpital Mère Enfant de Bingerville en Côte d’Ivoire parle de 300 nouveaux cas de cancer de l’enfant diagnostiqués chaque année dans le pays. Et les chiffres varient entre 200 et 250 dans la plupart des pays subsahariens.

Ces données du professeur proviennent de ses expériences. Sinon, dans la réalité des faits, déplore Dr Issimouha Dille, « en Afrique, nous avons très peu de données sur les cancers de l’enfant. Il y a très peu de registres de cancer réellement fonctionnels en Afrique. On n’en a pas plus de 5 en Afrique et même là, ils n’enregistrent pas toutes les données. Les cancers de l’enfant atteignent les enfants de 00 à 19 ans. Nous travaillons avec les pays pour avoir les données car elles aident à prendre des actions. »

Faible pourcentage de facteur de risque

« La plupart des cancers de l’enfant se guérissent mais c’est au prix d’un diagnostic précoce », prévient Pr Atteby Jean-Jacques Yao, parlant de 40% de rémission en cas de prise en charge rapide. « Notre centre est un centre privé de mission de service public. C’est le deuxième centre de cancérologie qui a ouvert pour la pédiatrie. Nous enregistrons chaque année en moyenne 80 nouveaux cas en oncologie pédiatrique. Nous recevons tout type de cancer. Les enfants sont pris en charge dans un environnement pédiatrique. » Cependant, il déplore le fait que 2 enfants sur 3 sont reçus à un stade tardif du cancer. Ce qui cause une perte de chance de guérison.

Face à l’ampleur de la maladie, l’OMS a lancé en 2018, l’initiative mondiale des cancers de l’enfant. Dr Issimouha Dille évoque 400 mille cas d’enfants diagnostiqués par an dans le monde. Parmi eux, 90% des cas proviennent des pays à revenus faibles et intermédiaires. Toutefois, elle fait comprendre qu’« il n’y a pas de cause pour les cancers de l’enfant parce que ce n’est pas encore bien compris. Du coup, il y a peu de cancer de l’enfant qui sont évitables. Mais il y a un très faible pourcentage qui peut avoir un facteur de risque. Si la mère enceinte était exposée à des radiations, des rayonnements, des infections, on peut en déduire sans être certain que c’est cela la cause. Il y a des facteurs génétiques pour quelques autres cancers. »

D’après elle, les cancers de l’enfant se développent sur des tissus embryonnaires. Mais on peut lutter contre la mortalité occasionnée par ces cancers, en faisant le diagnostic rapide. Ensuite, dira-t-elle : « il faut l’accès au traitement. Il faut gérer les complications de la maladie et éviter l’abandon de traitement. » Bonne nouvelle : Huit cancers de l’enfant sur 10 peuvent être guéris dans le monde. Mais seulement 25 pays africains disposent de la radiothérapie. « On ne peut pas prévenir le cancer de l’enfant mais on peut prévenir les décès », poursuit-elle. L’espoir réside dans le diagnostic précoce.

Michaël Tchokpodo

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