Élimination de la transmission du VIH de la mère à l’enfant : les défis et perspectives

La lutte contre la transmission du VIH de la mère à l’enfant (ETME) reste un défi majeur dans de nombreuses régions du monde. Lors d’un webinaire mensuel du Réseau des médias africains pour la promotion de la santé et de l’environnement (REMAPSEN), deux experts de l’ONUSIDA, Fodé Simaga et Éric Verschueren, respectivement directeur de la science des services et des systèmes pour tous au siège de l’ONUSIDA à Genève (Suisse) et le directeur pays de l’ONUSIDA pour le compte du Togo et du Bénin ont abordé les enjeux, les avancées et les obstacles rencontrés dans cette lutte, notamment en Afrique de l’Ouest et du Centre.

L’évolution des stratégies de prévention a conduit à des avancées notables dans la lutte contre la transmission du VIH de la mère à l’enfant. Comme l’explique Fodé Simaga, la possibilité de traiter les femmes enceintes tout au long de leur grossesse et pendant l’allaitement grâce à des molécules antirétrovirales (ARV) plus efficaces a marqué une étape cruciale. Cependant, malgré ces progrès, les résultats actuels restent préoccupants, notamment en Afrique de l’Ouest et du Centre.

50% des femmes enceintes non traitées se trouvent en Afrique de l’Ouest et du Centre. La couverture ARV pour les enfants y est particulièrement faible, avec seulement 27% des enfants séropositifs sous traitement, contre une moyenne mondiale de 52%. Ces chiffres illustrent une crise de santé publique qui nécessite une intervention urgente.

L’Alliance mondiale pour mettre fin au VIH pédiatrique

Lancée par l’ONUSIDA, cette initiative vise à concentrer les efforts sur les pays les plus touchés, incluant la RDC, le Cameroun, le Nigeria et la Côte d’Ivoire. L’alliance mondiale représente une collaboration sans précédent entre les gouvernements et les partenaires internationaux pour améliorer la couverture de traitement.

Éric Verschueren souligne l’importance des partenariats multiples, impliquant à la fois les gouvernements, la société civile et les acteurs techniques et financiers. Au Bénin et au Togo, l’ONUSIDA travaille en étroite collaboration avec les ministères de la Santé, les programmes nationaux de lutte contre le Sida et les ONG. Le plaidoyer, l’assistance technique et la mobilisation des ressources sont les axes principaux de cet engagement.

Eric Verschueren, Directeur pays ONUSIDA au Bénin et au Togo

Plusieurs bonnes pratiques ont été mises en avant pour atteindre les objectifs de l’ETME d’ici 2030. Parmi celles-ci, le dépistage précoce et systématique, l’engagement communautaire et la mise à jour des protocoles de traitement sont essentiels. Par exemple, l’usage de l’autotest pour les hommes, souvent réticents à se rendre dans les centres de santé, pourrait considérablement augmenter la couverture de dépistage et réduire les risques de transmission.

Des défis à relever…

Les défis majeurs identifiés par Simaga incluent la difficulté d’atteindre les femmes enceintes, souvent éloignées des centres de santé, et le manque de tests systématiques. La sensibilisation est essentielle, tout comme le soutien des organisations de la société civile pour proposer des tests, y compris l’autotest, qui est une option simple et accessible.

Une autre problématique soulevée est la faiblesse des systèmes de collecte de données dans la région. Améliorer la qualité et l’analyse des données est crucial pour cibler les interventions et mesurer les progrès.

Comme le souligne Simaga, « la technologie et les traitements existent et sont accessibles. Ce qui manque, c’est une volonté politique renouvelée et des campagnes de sensibilisation modernes utilisant des outils comme les SMS et les réseaux sociaux pour atteindre les populations les plus vulnérables ».

Miodjou

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