Cyberviolences et VBG en ligne : l’ONG MJCD et le REMAPSEN Bénin en synergie d’action pour une lutte efficace

L’Organisation non gouvernementale Mutuelle de Jeunes Chrétiens pour le Développement (ONG MJCD) a organisé une communication sur les cyberviolences et violences basées sur le genre en ligne à l’occasion d’un rendez-vous du Réseau des Médias Africains pour la Promotion de la Santé et de l’Environnement (REMAPSEN) Bénin. Cet espace d’échange a réuni des journalistes du Réseau et des membres de l’ONG à son siège d’Akogbato, le 4 décembre 2025.

Cyberviolences et VBG en ligne : l’Ong Mjcd et le Remapsen Bénin en synergie d’action pour une lutte efficace

« Cyberviolences et violences basées sur le genre en ligne : comprendre, prévenir et protéger » : c’est autour de ce thème que journalistes et membres de l’ONG se sont réunis pour un partage de connaissances. Ce rendez-vous fait suite à près de deux semaines de campagne médiatique en différé sur les 16 jours d’activisme contre les VBG par l’ONG MJCD soutenu par ONU Femmes et le Fonds Muskoka.

Rappelant le thème mondial de la campagne des 16 jours d’activisme contre les VBG qu’est : « Unis pour mettre fin à la violence numérique à l’égard de toutes les femmes et filles », Michael Tchokpodo, Coordonnateur national du REMAPSEN a porté une information capitale. « La violence numérique désigne des comportements agressifs ou abusifs commis en ligne, allant des insultes et du harcèlement à la manipulation, aux menaces et à la diffusion de contenus sans consentement (…) Comme vous le savez, les violences n’ont pas un temps précis », a-t-il affirmé notifiant que cette activité se veut un catalyseur de la lutte contre la cyberviolences et violences basées sur le genre en ligne.

Dr Faustin Djagba, directeur exécutif de l’ONG MJCD a salué l’organisation de cette activité. Selon lui, « la violence n’a aucune raison d’être, n’a aucune justification. Quelles que soient les raisons, on ne doit jamais faire recours à la violence parce que la violence n’aboutit jamais à quelque chose de positif. » Il a donc invité à la culture de la paix et à la sensibilisation des populations sur les conséquences des violences, qu’elles soient physiques ou en ligne. Une mission à laquelle il a appelé les hommes des médias et ses pairs de la MJCD.

Jean-Baptiste Amoussou, responsable du Projet intégré de promotion de la santé communautaire, nutritionnelle et de l’équité genre (PISEG) a présenté une communication sur le thème de la rencontre. Il a rappelé que « les données issues des dernières enquêtes nationales (MICS6 et rapports de l’INF) montrent une montée en puissance des violences numériques, particulièrement chez les jeunes. » De plus, « environ 15 % des jeunes femmes de 25 à 29 ans déclarent avoir déjà subi une forme de violence en ligne au Bénin. »

Ce chiffre est en augmentation constante avec l’accès croissant à internet. Ainsi, les violences basées sur le genre, notamment en ligne peuvent être au niveau individuel, relationnel, communautaire ou même sociétal. Elles regroupent le harcèlement en ligne, la diffusion d’images intimes sans consentement, le chantage numérique, l’exploitation sexuelle via internet, le traçage GPS, le contrôle numérique du conjoint, les enregistrements non consentis, etc. Elles prolongent et amplifient les VBG physiques et psychologiques.

Femmes et filles en ligne de mire : le PISEG à la rescousse

Malheureusement, les femmes et les filles sont les plus touchées car « les mêmes normes sociales discriminatoires qui existent hors ligne se reproduisent et se renforcent en ligne », a notifié le communicateur. Il s’agit entre autres de la sexualisation, la stigmatisation, la culpabilisation et l’intimidation. La cyberviolence dans toutes ses formes n’est pas sans conséquences sur les victimes. Selon les explications de Jean-Baptiste Amoussou, la violence en ligne provoque la détresse psychologique,  l’abandon scolaire, l’isolement social, la peur de s’exprimer, le risque de suicide, l’exposition à l’exploitation et des dommages profondément réels.

C’est donc pour lutter contre les violences basées sur le genre sur toutes ses formes que le projet PISEG  a été élaboré. Il agit sur trois leviers complémentaires : transformation des normes sociales, renforcement des capacités communautaires, protection des survivantes et intègre désormais la cyberviolence dans ses stratégies de prévention des VBG. Initié par la MJCD, ce projet a permis à former des jeunes et des leaders communautaires sur les VBG y compris numériques, sensibiliser dans les centres de formation, organiser des émissions radios sur VBG et cyberviolence et accompagner des survivantes dans les mécanismes de protection et de signalement.

Contre les VBG y compris numériques, il prône la masculinité positive. Au cours de sa présentation, le communicateur a insisté sur la prévention des cyberviolences et des VBG. Cette prévention passe par la non banalisation d’une violence en ligne, le soutien public en faveur des victimes, la dénonciation des contenus violents, l’éducation des enfants au respect numérique et la promotion d’une culture de consentement et de dignité. En outre, comme moyens de protection, le PISEG encourage les circuits communautaires de signalement, l’écoute active et l’accompagnement psychosocial, la collaboration avec services sociaux, police, centres de santé et l’orientation vers les services spécialisés.

Dans un monde où les VBG ne sont plus uniquement physiques, la lutte ne s’arrête pas aux portes des maisons. Elle doit désormais se faire sur les plateformes, à travers les téléphones et les espaces numériques. « Chaque citoyen, chaque leader, chaque parent, chaque jeune peut devenir : acteur de protection, acteur de transformation, acteur de paix sociale », a soutenu Jean-Baptiste Amoussou, appelant ainsi à un réel engagement contre les cyberviolences et violences basées sur le genre en ligne.

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