« Comprendre les enjeux économiques de la réduction des risques de catastrophes en Afrique. » C’est autour de ce thème que s’est tenu le webinaire, afin de permettre aux professionnels des médias de s’approprier les informations essentielles pour mieux éclairer le public. Les journalises du REMAPSEN ont reçu pour ce thème, Fanny Langella, responsable de l’unité contenu et réseau au sein du Bureau des Nations Unies pour la réduction des risques de catastrophe (UNDRR), a rappelé la mission de son institution.
A l’entame, elle a exposé la mission de son institution et les défis spécifiques du continent. « L’UNDRR, créé en 1999, coordonne la mise en œuvre des cadres internationaux comme le Cadre de Sendai 2015-2030. L’idée est de rompre le cycle catastrophe-pertes-reconstruction-nouvelle catastrophe. Il ne s’agit plus seulement de gérer les catastrophes après coup, mais bien de gérer le risque en amont », a-t-elle affirmé. Abordant le thème du webinaire, elle a expliqué que l’Afrique accumule de lourdes pertes chaque année à cause des catastrophes climatiques.
Les catastrophes climatiques coûtent chaque année « entre 2 et 5 % du PIB aux pays africains », a-t-elle affirmé. Elle a cité à titre illustratif, les destructions d’infrastructures, les pertes agricoles et perturbations des chaînes d’approvisionnement qui affaiblissent durablement les économies. Mais la réalité est encore plus alarmante. Selon Fanny, de nombreuses catastrophes locales, souvent invisibles dans les statistiques officielles, affectent continuellement les communautés et érodent leur résilience.
Un appel à la résilience et à la mobilisation des médias
Pour Fanny Langella, la priorité doit être donnée à des infrastructures adaptées et à des pratiques agricoles résilientes : semences résistantes, irrigation innovante, intégration des prévisions météorologiques. Elle a également insisté sur le rôle central des médias, appelés à traduire l’information technique en messages clairs et accessibles, au-delà du simple bilan des drames. « L’information brute ne suffit pas à changer les comportements. Il faut parler des risques tout au long de l’année et valoriser les solutions », a-t-elle soutenu, estimant que le journalisme doit devenir un véritable moteur de résilience, en couvrant les risques sous tous leurs angles : sécurité, santé, économie et environnement.
D’un autre côté, face aux pertes colossales, de nouveaux instruments financiers émergent pour atténuer l’impact des catastrophes. Fanny a cité les assurances paramétriques qui permettent d’indemniser automatiquement les sinistrés dès qu’un seuil climatique est franchi, les financements anticipatifs qui offrent aux communautés la possibilité de se préparer avant même l’arrivée d’un cyclone ou d’une sécheresse. À cela s’ajoutent les obligations vertes et les catastrophe bonds, qui transfèrent une partie du risque vers les investisseurs, ouvrant ainsi la voie à des solutions innovantes de résilience économique. Fanny Langella alerte sur le fait que tous les efforts pourraient être réduits à néant si les risques de catastrophes ne sont pas atténués. Ce webinaire vient une fois de plus fournir de précieuses informations aux journalistes du REMAPSEN qui sont appelés à les utiliser pour mieux éclairer les populations.
