Accueil A la une « Le Bénin fait partie des pays ayant attribué une ligne budgétaire pour la lutte contre les MTN », salue Dr Mamoudou Harouna Djingarey, Représentant résident intérimaire de l’OMS

« Le Bénin fait partie des pays ayant attribué une ligne budgétaire pour la lutte contre les MTN », salue Dr Mamoudou Harouna Djingarey, Représentant résident intérimaire de l’OMS

La communauté internationale a célébré samedi dernier, le 30 janvier, la deuxième journée mondiale des maladies tropicales négligées (MTN). Dans le cadre de cette célébration, le Représentant résident par intérim de l’OMS au Bénin, Dr Mamoudou Harouna Djingarey, s’est entretenu avec la presse sur l’importance de cette journée, la vision de l’OMS et les stratégies mises en œuvre par l’institution onusienne pour éradiquer les MTN en Afrique. Dr Djingarey a aussi abordé l’accompagnement de l’OMS au Bénin dans la lutte contre les MTN. Les MTN, qui touchent plus d’un milliard de personnes à travers le monde, sévissent dans les zones où l’accès à des services de santé de qualité, à l’eau potable et aux moyens d’assainissement est difficile.

Miodjou : Pourquoi l’OMS identifie-t-elle des maladies comme tropicales négligées (MTN), et quelles sont-elles ?

Dr Mamoudou Harouna Djingarey : Les maladies tropicales négligées comme le nom l’indique sont des maladies qui sévissent sous les tropiques. Ce sont des maladies qui affectent les populations pauvres qui vivent dans des zones enclavées, des zones d’accès difficile et qui ne disposent pas d’infrastructures socio-économiques et sanitaires de base. L’OMS a identifié une vingtaine de maladies dans ce chapitre qui varie d’un pays à un autre. Elles sont divisées en deux groupes selon les stratégies de contrôle.

Ainsi, nous avons les maladies tropicales négligées qui sont évitables par la chimioprophylaxie, et nous avons des MTN qu’on peut traiter et guérir, donc par la chimiothérapie. Au Bénin, on a l’onchocercose, la filariose lymphatique, le trachome, les schistosomiases qu’on appelle communément bilharziose, les helminthiases, vers intestinaux, dans le premier groupe. Dans le second, le groupe des maladies qu’on peut traiter une fois déclarées, on retrouve l’ulcère de Buruli, la lèpre et le pian. Le Bénin a été déclaré exempt du ver de Guinée.

Quelle est la vision de l’OMS concernant les MTN ?

La lutte contre les MTN est une priorité pour l’OMS. Tout le monde a droit à l’accès universel aux soins, qu’il s’agisse  des populations rurales ou des populations urbaines ou que ce soit sous les tropiques. Toutes ces populations ont le droit à l’accès au traitement et aux soins et l’OMS a fait de cela une stratégie. Les MTN, comme les autres maladies, sont une priorité pour l’OMS.

Quelles sont les stratégies de l’OMS pour éradiquer les MTN en Afrique ?

L’OMS a mis en place, au Bureau régional de Brazzaville, un groupe organique chargé uniquement de la lutte contre les MTN. C’est un groupe qui travaille avec les conseillers nationaux de l’OMS dans chaque pays. Il travaille à définir des objectifs à atteindre pour chaque maladie, à élaborer une feuille de route, élaborer des directives techniques, mobiliser des ressources et assurer la disponibilité et la gratuité des médicaments. L’OMS a donc a mis en place un certain nombre de stratégies pour éradiquer ces maladies. Pour l’OMS, éradiquer signifie finir complètement  avec cette maladie. Ce qui est possible pour deux maladies comme le ver de Guinée et le pian. Pour les autres, il faut viser à les éliminer ou à les contrôler, amener le nombre de cas au seuil le plus bas possible, de façon à ce que ça ne constitue plus un problème de santé publique.

Parmi les stratégies, il y a la polychimiothérapie préventive qui consiste à donner de façon préventive des médicaments aux communautés pour qu’elles évitent les  maladies. Il y a aussi le traitement curatif, à savoir traiter ceux qui portent la maladie par des médicaments. Ces médicaments sont distribués gratuitement à ces personnes. Il y a aussi la lutte contre les séquelles et certaines invalidités causées par ces maladies, et la lutte contre les vecteurs. La plupart de ces maladies sont en effet transmises par des vecteurs, et la grande stratégie consiste à lutter contre ces vecteurs. Enfin, il y a la sensibilisation des populations sur les mesures préventives et les autres mesures pour éviter ces maladies-là.

Le Bénin fait partie des pays qui se sont engagés à éliminer les MTN du continent africain d’ici à 2030. Qu’a fait l’OMS pour accompagner le Bénin dans cette lutte ces trois dernières années ?

L’OMS a beaucoup travaillé avec les autorités nationales autour de plusieurs axes. L’OMS a appuyé le Bénin tant techniquement que financièrement pour l’élaboration de son plan stratégique pour l’élimination des MTN. Ce plan est décliné chaque année en plan opérationnel. L’OMS avec l’ensemble des partenaires, notamment certaines ONG qui travaillent ici au Bénin, le Système des Nations Unies et la Société civile, s’assure de la disponibilité des médicaments et de leur distribution  par des campagnes de distribution gratuite.

La lutte contre les MTN est multisectorielle et fait appel à plusieurs autres secteurs. L’OMS travaille en collaboration avec le gouvernement du Bénin pour pouvoir lutter contre les MTN. Elle réalise aussi des enquêtes par rapport à la distribution et la digitalisation des données pour savoir les régions les plus affectées et celles qui ne le sont pas et qui n’ont plus besoin d’accueillir les campagnes de distribution.

Quelles actions l’OMS envisage-t-elle aux côtés du Bénin pour les trois années à venir, par exemple?

Au cours des années à venir, l’OMS va continuer à appuyer le Bénin conformément aux actions de lutte contre  les MTN planifiées tant au niveau mondial qu’au niveau sous-régional qu’à l’intérieur de chaque pays. De façon spécifique, l’OMS va appuyer le plan d’action 2014-2025 du Bénin et suivra l’évolution pour l’élimination de la trypanosomiase humaine africaine (maladie du sommeil). Le Bénin est sur la même voie que son voisin le Togo qui a éliminé cette maladie et nous suivons le dossier avec les autorités nationales  pour la réduire à un niveau plus bas, de sorte que cette malade ne constitue plus un problème de santé publique. Alors, très bientôt, le Bénin sera déclaré pays où la trypanosomiase humaine africaine a été éliminée.

Quelle est  l’impact de cette journée mondiale sur l’élimination des MTN à votre avis ?

La célébration de cette journée a un impact de positif sur les MTN  grâce aux séances de sensibilisation. C’est une journée qui draine beaucoup de partenaires et beaucoup d’acteurs sociaux sont associés à la célébration de cette journée.

Quel message adresseriez-vous aux  autorités sanitaires du Bénin à l’occasion de cette deuxième Journée mondiale de lutte contre les MTN ?

Le Bénin fait partie des pays qui ont attribué une ligne budgétaire pour la lutte contre les MTN. Nous saluons cette initiative et nous demandons encore au Bénin de continuer à soutenir cette ligne pour que les MTN ne soient pas une fatalité, qu’on puisse accorder à ces maladies l’importance qu’elles méritent. J’invite tous les autres partenaires à continuer à appuyer le gouvernement du Bénin dans le cadre de l’élimination des MTN.

Propos recueillis par : Flore Nobimè

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