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Le calvaire d’une drépanocytaire

La drépanocytose est une maladie sanguine héréditaire qui raccourcit la survie des globules rouges. M.A [initial de son nom et prénom], une jeune femme béninoise porteuse de la maladie témoigne.

M.A, 23 ans est assistante juridique. Porteuse de la drépanocytose, forme SC, elle se bat au quotidien pour vaincre la maladie afin de révéler les défis de la vie. Jointe au téléphone par la rédaction de Miodjou, elle a fait savoir qu’elle n’a su son état de santé qu’à l’âge de 9 ans, à la suite d’une analyse de sang. « Nous avions fait l’électrophorèse quand j’avais entre 6-7 ans. Mais c’est à 9 ans j’ai commencé à sentir les effets ». Ce test avait été fait quand elle s’était tordue la cheville en faisant le grimper alors qu’elle n’était qu’en classe de CM2. Après quoi, « j’ai eu un œdème du pied », précise-t-elle.

À l’en croire, ce mal avec lequel elle vit désormais a d’énormes conséquences tant sur sa vie professionnelle qu’amoureuse. « En milieu professionnel, le stress et la pression sont deux facteurs à risque auxquels nous sommes confrontés. Les absences répétées pour des raisons de santé, soit pour les contrôles de routine ou les crises et les employeurs ne sont pas toujours compréhensifs. Sur le plan amoureux, c’est assez complexe de trouver un partenaire compatible aussi bien au plan sanitaire, que les autres points essentiels d’une relation ou de choisir les points prioritaires.» Un calvaire indicible mais qui peut être soulagé grâce aux traitements.

Lire : La drépanocytose, une tueuse silencieuse

Son calvaire est sans pareille en période pluvieuse, dès qu’elle change d’environnement ou lorsqu’elle est trop fatiguée. Elle se trouve obligée de se déplacer avec ses médicaments pour se soulager. Quand les calmants ne réagissent pas favorablement, elle doit se rendre à l’hôpital. Au Bénin, la population touchée par la drépanocytaire SS et SC est estimée à environ 4% selon Docteur Mahunan Gérard Sossou. La prévalence du trait drépanocytaire S est de 22,3% et celle de l’hémoglobine C de 10,21%.

Les traitements à suivre

Depuis qu’elle a appris son mal, M.A suit des traitements au service Hématologie du Centre National Hospitalier Universitaire (CNHU). Malheureusement, de la consultation aux analyses ainsi que les médicaments, ces traitements ont un coût. « Les bilans de santé, les traitements en cas de crise Vaso-Oclusive (CVO) c’est un investissement colossal », confesse-t-elle.

Selon ses dires, la consultation se fait à 7.000f CFA et il faut ramener le NFS+ Plaquettes qui un examen qui, à la suite d’une prise de sang, vise à compter et à classer les différents composants du sang (globules rouges, globules blancs, plaquettes) afin de déterminer si leur nombre est suffisant ou excessif. Cette analyse coûte environ 10.500f CFA. 

Le coût de son traitement mensuel est d’environ 10.000f CFA. Au quotidien, « je suis sous Mag2 qui sont des ampoules buvables riches en magnesium, foldine et autres qui me coûtent pratiquement 10.000f par mois ». Sa consultation peut varier d’une fois par mois à un trimestre. Cela dépend de la fréquence des crises ou des bilans. Le traitement est à vie. Condamnée à cela, M.A exhorte les uns et les autres à connaître leur état de santé avant de se mettre en couple afin d’éviter de pareils supplices à leur progéniture.

Roméo Agonmadami

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